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Sur la réserve - Carole Mijeon - Daphnis et Chloé, 2015.

 

 

 

Il y a quelques semaines, une attaque terroriste endommageait des installations pétrolières en Arabie Saoudite. Résultat : une réduction de 6 % de l'approvisionnement mondial en pétrole. Et les observateurs de préciser que si une guerre devait éclater entre l'Arabie saoudite et l'Iran, l'économie mondiale s'arrêterait, faute de carburant.

Intox ? Intimidation ? Réalité ? Je ne suis pas capable d'en juger. Ce que je sais c'est que, deux semaines plus tard, quand j'ai reçu le roman "Sur la réserve" gentiment envoyé par les éditions Daphnis et Chloé et Babelio, je me suis dit que les astres étaient alignés, que le dieu de la consommation voulait m'adresser un message clair et fort.

Des reportages, des débats, des romans sur le thème de la pénurie de pétrole, de la fin inéluctable de la société de consommation, de la nécessité de changer nos comportements, j'en ai tant regardé et lu que je dois être devenue, à peu de choses près, l'archétype de celle qui sait tellement bien qu'elle préfère oublier. ça vous rappelle quelqu'un ?

Mais le roman de Carole Mijeon est d'un genre nouveau. Dans celui-ci, pas de chiffres, de grandes théories, de héros qui s'adaptent facilement ni de soeurs survivalistes dans la forêt. Non, rien de tout cela. Juste un gars, Ludovic. Il n'est même pas un archétype, il est .... lui, l'un d'entre nous. La trentaine. Il vit en bordure d'un village, il est graphiste et travaille depuis son domicile mais possède bien entendu une voiture. Il a une petite vie pépère, un peu ours, des amis virtuels sur le Net et plus de copine. Il ne surconsomme pas plus que ça, il vit juste avec son époque mondialisée, dans un confort relatif mais non ostentatoire. Puis le battement d'aile d'un papillon quelque part dans le monde empêche le pétrole d'arriver en France.

Sur la réserve est la chronique des 30 premiers jours sans essence dans la vie de Ludovic. Et croyez-moi, quels que soient votre mode de vie et vos opinions sur la question, sachez que ce récit hyper réaliste sans surenchère, au plus près de notre quotidien est sans conteste l'électrochoc le plus efficace qu'il m'ait été donné de recevoir sur le sujet.Devant chaque nouveau problème, je me disais : et moi, je ferais quoi dans ce cas-là ? Plus d'électricité, je peux encore m'en tirer, plus de chauffage, on trouvera bien quelque chose à brûler (non pas les livres !) mais plus rien à manger !!! Et oui ! L'autonomie alimentaire des villes est de deux jours, braves gens. Je vis à la campagne mais je n'irais pas très loin non plus avec mon potager.

Comme il est dit dans la préface, quand les discours et les chiffres ne parviennent pas à toucher le citoyen, il reste la fiction, qui elle, s'adresse au coeur plutôt qu'à l'intellect.

Quelle claque !

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© 2017 La belette du sud - partage ses lectures

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