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Chanson de la ville silencieuse - Olivier Adam - Flammarion, 2018.

  • Photo du rédacteur: Admin
    Admin
  • 11 févr. 2018
  • 2 min de lecture

« J’ai une propension à la fuite et à la disparition qui est très forte et contre laquelle je lutte. […] J’écris sur ce que je redoute qu’il advienne ».

Quand Olivier Adam lâche ces mots sur le plateau de La Grande Librairie le 11 janvier 2018, ça ne sonne pas à mes oreilles comme un concept marketing accrocheur destiné à vendre sa marchandise. On sent l’obsession profonde, la lutte contre des démons intérieurs et la crainte réelle de faire souffrir ses proches.

Ses fans inconditionnels vous diront que cela fait partie de la panoplie de ses thèmes favoris et qu’il n’y a rien de bien nouveau. Peut-être … Mais moi, naïvement, ça m’a tétanisée de l’entendre parler publiquement de cette « addiction ». Et puis je dois bien l’avouer, j’ai perdu l’habitude de lire les romans d’Olivier Adam depuis le très déprimant « A l’abri de rien » paru en 2007 et je ne suis plus coutumière de sa pensée.

Curieuse de savoir ce qu’il avait à me dire, je me suis plongée dans « Chanson de la ville silencieuse » et je dois dire que j’ai passé un agréable moment en compagnie de « la fille de ». De qui ? D’un chanteur à succès. Lequel ? Aucune importance. Il n’existe pas. Il est l’archétype de l’homme public, celui que les fans adulent, harcèlent, s’approprient, celui que les managers mettent sous pression, manipulent.

Elle m’a touchée, « La fille de », perdue dans les rues de Lisbonne à la recherche de son père disparu sans laisser d’adresse. Elle aimerait comprendre ce qui lui a pris. Est-il vraiment mort ou bien s’est-il enfui ? L’a-t-elle vraiment jamais connu ? Elle m’a embarquée dès les premières pages dans l’histoire de sa vie à l’ombre de son père célèbre, dans la solitude de son enfance, dans ses tentatives d’adulte pour comprendre et forger sa propre personnalité.

Il m’a enchantée, Olivier Adam, avec la musicalité de son style, ses phrases courtes, sa manière intelligente de m’amener à réfléchir sur la vie des « enfants de », sur les conséquences de notre société hyper médiatisée, sur le manque, l’absence. Et tout cela, sans pathos, sans noirceur. On sent même poindre une lueur d’espoir.

Je suis bien contente de l’avoir retrouvée en aussi bonne forme après autant d’années. Un agréable moment de lecture, vraiment.

Quatrième de couverture

Je suis la fille du chanteur. La fille seule au fond des cafés, qui noircit des carnets, note ce qu'elle ressent pour savoir qu'elle ressent. La fille qui se perd dans les rues de Paris au petit matin. La fille qui baisse les yeux. Je suis la fille dont le père est parti dans la nuit. La fille dont le père a garé sa voiture le long du fleuve. La fille dont le père a été déclaré mort. Celle qui prend un avion sur la foi d'un cliché flou. Celle dans les rues de Lisbonne, sur les pentes de l'Alfama. Qui guette un musicien errant, une étoile dépouillée d'elle-même, un ermite qui aurait tout laissé derrière lui. La fille qui traverse les jardins, que les vivants bouleversent, que les mots des autres comblent, la fille qui ne veut pas disparaître. Qui peu à peu se délivre.

© 2017 La belette du sud - partage ses lectures

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