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L'essence du mal - Luca D'Andrea - Denoël, 2017.

  • Photo du rédacteur: Admin
    Admin
  • 9 déc. 2017
  • 3 min de lecture

Je suis une grenouille.

C’est ce que je me suis dit tout au long de ma lecture.

Vous connaissez la fable de la grenouille ?

« Mettez une grenouille dans une casserole d’eau froide, placez la casserole sur une flamme et faites chauffer progressivement. La grenouille s’habitue tout doucement à la montée en température, il ne lui vient pas à l’idée de sortir de la casserole et elle finit ébouillantée ».

Et bien, c’est exactement ce qui m’est arrivé. J’ai plongé dans « L’essence du mal » sans méfiance.

Au début, l’histoire m’a semblé banale. Je ne trouvais pas de raison spéciale de rester mais pas non plus de raison particulière d’abandonner ma lecture. Luca D’Andrea se révélait être un bon conteur, l’histoire se mettait en place petit à petit : Jeremiah Salinger, le personnage principal, nous racontait sa vie de réalisateur de documentaires et parlait beaucoup de sa petite famille. En plus, leur vie dans un petit village de montagne m’intéressait, l’écriture était soignée mais sans être exceptionnelle.

Puis j’ai senti la température monter légèrement après 150 pages : un petit coup de chaud de temps en temps. Attention … il me semble que le cuistot ajoute des épices … je ne vois pas encore où il veut en venir mais c’est intriguant.

Ensuite, je ne sais pas pourquoi, j’ai commencé à faire des cauchemars, à rêver de massacre en montagne, de la Bête, du Krampus, de secrets de village, d’omerta.

J’ai repris courageusement ma lecture, parce qu’après tout, c’était loin d’être un livre d’horreur, je baignais dans une douce chaleur, si je puis dire, au milieu de la vallée du Bletterbach dans le Tyrol du Sud.

Après 250 pages, j’avais vraiment chaud mais … je ne voulais plus partir.

Vous devinez donc comment tout cela s’est terminé : à la fin … j’étais cuite !

Et je ne peux toujours pas vous expliquer pourquoi je n’ai pas sauté hors de la casserole.

Si ! J’ai bien une théorie … Luca d’Andrea fait dans la haute gastronomie. Pour un premier polar, c’est extrêmement bien ficelé. 450 pages de montée en température lente et progressive. Une recette purement italienne, en quelque sorte, un tiramisu en fines couches délicates, loin des fast-food américains ou du saumon mariné scandinave.

Mais ce n’est que mon humble coassement. Alors, si vous aimez expérimenter de nouvelles saveurs, passez à table.

Quatrième de couverture

En 1985, dans les montagnes hostiles du Tyrol du Sud, trois jeunes gens sont retrouvés morts dans la forêt de Bletterbach. Ils ont été littéralement charcutés pendant une tempête, leurs corps tellement mutilés que la police n’a pu déterminer à l’époque si le massacre était l’oeuvre d’un humain ou d’un animal. On se transmet de génération en génération de terribles histoires sur cette forêt de Bletterbach. Trente ans plus tard, Jeremiah Salinger, réalisateur américain de documentaires marié à une femme de la région, entend cette histoire et décide de partir à la recherche de la vérité. À Siebenhoch, petite ville des Dolomites où ils se sont installés, les habitants font tout — parfois de manière menaçante — pour qu’il abandonne ses recherches. Même son beau-père, Werner, ancien responsable de la brigade de secours alpin, qui a découvert les trois cadavres. Même sa femme, inquiète pour la sécurité de son mari et de leur fille Carla. Le triple meurtre est comme porteur d’une malédiction. Comme si, à Bletterbach, une force meurtrière qu’on pensait disparue s’était réveillée. Une force aussi ancienne que la Terre elle-même.

© 2017 La belette du sud - partage ses lectures

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